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DEFAULT : mars 2009 Lettre de Tsiadino Chaplain TOTO
7/3/2009 12:33:33 (2593 lectures)

Est-ce qu’une nouvelle page d’histoire est en train d’être écrite ?

Je pense sincèrement que face à la situation actuelle, on ne peut pas rester indifférent, c’est ainsi que j’essaie de mieux comprendre la profondeur de cette crise dont la façade est politique mais le background est une question économique et sociale....



Quand on remonte un peut dans le temps, contrairement aux autres pays qui ont connu des épisodes révolutionnaires comme la France, on remarque notamment la naissance d’une classe bourgeoise, qui se développe et jusqu’à un certain niveau d’enrichissement économique, ils commencent à s’intéresser dans la vie politique par les critiques de la structure économique et sociale qui aboutissent par la suite au changement radical de la société et c’était « la révolution bourgeoise ».
Pour Madagascar, tout a été singulier dès le début. L’accession au pouvoir des groupes en dehors de la noblesse s’est effectué de manière presque non conflictuelle depuis la fin de l’époque royale. Pendant la colonisation, l’administration française a récupéré, en bonne partie, la structure administrative merina, et les héritiers du pouvoir royal et ses collaborateurs sont devenus simplement de gouverneurs jouissant toujours un certain privilège. Tout cela reste presque inchangé jusque dans la dernière présidence de Ratsiraka, au début des années 2000.
Contrairement à la Première République, des opérateurs économiques commencent à s’enrichir à travers le pays depuis la fin des années 80, parmi les noms les plus connus, on retient notamment un certain Kaleta d’Anosy, le célèbre Solo Dollar de Sambava, Herizo Razafimahaleo d’Ambositra, Marc Ravalomanana d’Antananarivo, Rakoto Jean Paul de Tamatave, Jacquit Manambola de Tamatave et bien d’autres dans les autres villes. En réalité, ces derniers forment désormais ce que j’appelle la deuxième génération de bourgeois de Madagascar.
Contrairement aux idées reçues, la noblesse et la bourgeoisie de Tana ont toujours été en bonne attente avec les grandes familles dans les villes côtières depuis que les chefs (mpanjaka) dans les côtes ont signé des alliances avec les mérina conquérants. Ils deviennent de partenaires. La preuve, la famille des anciens gouverneurs de l’époque coloniale comme Ratsiraka de Tamatave, de la femme du Prof. Zafy dans le Sud Est et bien d’autres anciens hauts responsables sous la présidence de Zafy Albert et Didier Ratsiraka, qu’on va pas tous les citer.
Depuis l’accession controversé de Ravalomanana au pouvoir en 2002, il agit presque brutalement au détriment des grandes familles noblesses et bourgeoises de Tana pour son intérêt presque personnel en propulsant son empire Tiko en premier rang dans toutes les chaînes notamment dans l’agroalimentaire, le groupe mbs dans le média, transport ... et en même temps, son expansion est à l’encontre des anciens dignitaires du régime Ratsiraka et Zafy dans les villes côtières. En réalité, Ravalomanana n’a pas du tout « fabriqué » des nouveaux riches, contrairement à ce qu’il a promis pendant les propagandes électorales « améliorer la condition de ce qui n’ont pas et enrichir davantage ce qui sont déjà riches ».
Une des faiblesses de Ravalomanana dans cette crise politique c’est l’absence des personnalités et des gens riches et influents dans son coté. En revanche, pour assurer sa suprématie dans le bras de fer qu’il oppose à Andry TGV et les opposants, il utilise son arme la plus redoutable, de l’argent investi conjoncturellement dans les forces de l’ordre en instrumentalisant la légalité, et apparemment, ça marche. Preuve, un Colonel à Tamatave a avoué, hier dans un bar « je n’ai jamais pensé d’avoir, à titre personnel, une voiture 4x4 dans ma vie, mais ça été soudainement réalisé et c’est grâce à Ravalo. C’est pour cela qu’on va lui protéger. On est prêt à donner l’ordre à nos « boaikely » de tirer sur la foule, s’il y a des gens qui vont se manifester à Tamatave » confie-t-il à une jeune femme assise à coté de lui. Finalement, Ravalo peut compter sur les soldats comme lui, mais seulement est ce qu’ils ont tous comme ce capitaine ? On ne sait pas.
En tout cas, compte tenu des gens qui soutiennent Andry TGV, pour ne pas dire les gens qui l’entourent, son éventuel défaite qui me semble probable dans cette affaire politique signifie historiquement la chute de la noblesse et la bourgeoisie de première génération de Tana dans un premier temps, mais également la défaite des élites côtières qui ont toujours été acteurs incontournables dans l’histoire politique du pays depuis la lutte pour l’indépendance jusqu’à l’avènement de Ravalo en 2002. Car depuis 2002, les élites côtières du pays sont soient en prison soient en exile. Est-ce qu’ils vont ou pourront sèchement accepter cette défaite, face à un nouveau riche de la deuxième génération des bourgeois qui peut être dans un certain cas considéré comme un intrus, just wait and see !
Tsiadino Chaplain TOTO
Département d'Histoire, Université de Toamasina BP 591,
Toamasina 501, - MADAGASCAR -
Tel: (261 20) 53 927 97
Cell: 261 (0) 33 12 038 16


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