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DEFAULT : mars 2009 (2) Lettre de Tsiadino Chaplain TOTO
11/3/2009 10:35:30 (2288 lectures)

Dimanche 8 Mars 2009

Je continue mon écriture sur la situation politique à Madagascar. Conformément à ce que j’ai pensé il y a quelques jours, le mouvement populaire TGV ne pourra pas faire face à une force de répression militaire suréquipée de Ravalomanana, en faisant référence à des déclarations médiatiques du président de la république lui-même....



 
...... lors d’une conférence de ministres et du communiqué d’un haut responsable militaire sur la dotation des nouveaux matériels modernes en provenance de la Chine, source de polémique au sein des classes politique du pays, ces derniers jours.
La décision de la force gouvernementale de fermer par force la station radio Viva ce samedi soir est plus que symbolique car, c’est exactement le même acte qui a servi l’élément déclencheur du mouvement populaire TGV depuis le mi Janvier. Pour mieux comprendre la réalité dans le pays, un petit rappel s’impose :
A la fin du mandat de l’ancien président en 2001-2002, on comptait environ 144 station radios reparties à travers le territoire de la république de Madagascar. Parmi les premières mesures que l’armée de Ravalomanana en conquête dans les villes de provinces en 2002 ont fait après l’élimination physique ou arrestation des partisans fervents de l’ancien régime consistait à « fermer les stations radios qui n’agissent pas pour son mouvement » de conquête militaire du pouvoir. Après la pacification des provinces, Ravalomanana fait sortir une loi qui porte sur la réglementation des radios et télévisions dans le pays. Si la mesure n’est pas directement mauvaise en elle-même, l’objectif politique de la décision est simple, « on élimine tout ce qui ne sont pas dans notre camp ». Depuis, on n’a plus publié le nombre exact des stations existantes, mais je pense sincèrement que le chiffre ne dépasse plus la cinquantaine actuellement. On reconnaît le manque de professionnalisme dans l’exercice du métier pour quelques unes des stations mais en terme de liberté d’expression et le respect de la diversité d’opinion, c’était un bon début que Madagascar a connu par rapport aux autres pays Africains.
Dans le pays, la restriction de liberté ne s’arrête pas uniquement dans le domaine de médias car parallèlement au soutien remarquable de l’Etat pour le FJKM (l’église protestant reformé), la présidence de Ravalomanana a également été remarquée par l’interdiction des autres églises, qualifiées de gênant par le pouvoir dont les exemples ne manquent pas.
En réalité, Ravalomanana n’a jamais accepté les gens qui pensent et qui parlent différemment de lui. Il n’accepte pas la différence.
Actuellement, les opposants à Madagascar n’ont plus beaucoup d’alternatives. Les événements des quatre derniers jours laissent que « Si il n’y a pas suffisamment de pression de la part de la communauté internationale ou de la part des hauts gradés de la force armée pour assouplir la position dominatrice et répressive de Ravalomanana, il va logiquement écraser le mouvement TGV et faire totalement taire les autres partis politiques qui se sont reliés à ce mouvement depuis les dernières semaines.  Cette opération de pacification va ensuite gagner toutes les forces vives de nation, en passant par les éléments actifs de l’armée, de la société civile et les ONG jusqu’aux opérateurs économiques qui sont déjà victimes du monopole personnel de Ravalomanana depuis 7 ans ».
Tout dépend des tractations toujours encours au niveau des deux camps adverses par les médiateurs nationaux et internationaux qui travaillant sans relâche pour éviter le pire.
 
Dons le scénario qui se dessine actuellement, du fait qu’aucun point de divergence n’a été résolu mais le mouvement populaire qui s’est arrêté par force, les groupes politiques en opposition contre Ravalomanana vont se reconstituer petit à petit dans le temps. Pour 2012, la prochaine présidentielle, ce sera probablement trop tôt pour ces opposants écrasés de se remettre et surtout pour faire face à Ravalomanana détenteur absolu des forces armées, de la machine administrative, des élus des deux chambres du parlement, une position antidémocratique et liberticide en exercice. Entre temps, le projet de révision constitutionnel pour permettre au président de briguer  le troisième et l’énième mandat passera sans aucune résistance par une mascarade de vote parlementaire ou référendaire.
La lutte politique à Madagascar passera progressivement dans une nouvelle page forcément pire que l’actuelle, car la leçon de la crise de 2009 est claire, la légitimité ne suffise plus pour réclamer une alternance, le mouvement populaire contestataire ne vaut plus grand-chose face à l’instrumentalisation de la légalité et la manipulation pour ne pas dire la corruption des chefs de l’armée.
La crise politique du premier trimestre de 2009 à Madagascar nous laisse à penser à des origines des querelles politiques qui ont sombré l’histoire de l’Angola de l’époque de l’MPLA et l’UNITA, du Soudan de l’époque de John Garang, de la récente crise ivoirienne divisant le pays en deux pendant une certaine période, de la RD Congo, de la Colombie avec les rebelles de FARC et bien d’autres. Quand la démocratie ne marche plus, le recours à la force est la dernière option. En réalité, c’est un passage presque incontournable pour une lutte contre un dirigeant dictateur. Pendant tout ce temps là, des gens de bonne volonté, des innocents, des femmes et enfants et sans doute ce qui ose à faire face au dirigent sanguinaire vont encore mourir.
En conclusion, je vois qu’on a commis une grave erreur, d’avoir confié le pays à un homme qui mélange à la fois la politique et la religion car dans l’histoire, chaque fois qu’un dirigeant mélange les deux éléments, le risque d’une dérive autoritaire et dictatoriale est inévitable. L’histoire de la France contient un bel épisode témoin d’une monarchie absolue.
 
Tsiadino Chaplain TOTO
Département d'Histoire, Université de Toamasina BP 591,
Toamasina 501, - MADAGASCAR -
Tel: (261 20) 53 927 97
Cell: 261 (0) 33 12 038 16


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