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DEFAULT : mars 2009 (3) Lettre de Tsiadine Chaplain TOTO
17/3/2009 10:46:09 (2461 lectures)

« La lecture d’un événement diffère d’un camp à un autre ».

La mutinerie de l’armée dans le camp militaire de Capsat, l’un des plus importantes bases militaires de Madagascar s’étend maintenant presque dans tout le territoire de Madagascar. La gendarmerie rejoigne progressivement le mouvement, selon les sources proches des concernées, ...



   ...suivant l’appel lancé par les mutins. Mais pour la police nationale, la position reste encore incertaine.

Cet événement a brusquement changé l’équilibre politique entre les deux camps (les pro Ravalomanana et les pro TGV). Pourquoi ? L’armée a-t-elle vraiment basculée dans l’autre camp ?

Face à cette situation, le président Ravalomanana est contraint d’accepter une « assise nationale » selon les uns, « une rencontre élargie » selon le propre terme du mon seigneur Odon, pour sauver sa présidence, mais quelques heures après l’annonce, la coalition des partis politiques de l’opposition, le CRN du Prof Zafy, le mouvement TGV de Andry Rajoelina ont décliné officiellement l’invitation, Pourquoi ?

Selon le communiqué des soldats mutins, ils n’accepteront plus les ordres de « tirer sur les manifestants ». C’est vrai que la mutinerie affaiblie forcément la position de Ravalomanana, dans le bras de fer qu’il oppose à son adversaire et que le fait de ne plus « travailler pour réprimer les manifestations » est un avantage pour les opposants. Mais en réalité, réprimer les manifestants n’est pas du tout le job de l’armée de tout façon et les soldats mutins ne semblent pas réellement basculés dans le camps de Andry TGV. Opinion d’un observateur qui ne fréquente pas les réunions politiques mais qui se contente uniquement des infos diffusées et des rencontres informelles avec les gens.

Les soldats mutins, que vont-t-ils faire alors ?

Techniquement, la mutinerie vaut la mort pour une armée, si on se réfère aux expériences de Philippines, cambodgiennes et récemment de la répression de l’armée loyaliste aux rebelles Sri lankais. Donc, les Capsatistes doivent mener le mouvement jusqu’au bout, sinon ils vont le payer très lourdement.

Dans la logique des choses, ils vont probablement prendre le pouvoir quand l’ultimatum sera expiré (Ils ont donné 72 heures pour les deux protagonistes pour trouver une solution politique, car passé ce délais, ils vont prendre la responsabilité ... mais quelle responsabilité ?). Le temps nous dira la vérité.

Encore, un élément qui confirme l’impartialité des soldats mutins c’est que, quant ils ont pris par la force le Ministère de la Défense, ils n’ont pas choisi le Ministre de la Défense de TGV du 13 Mai pour remplacer le Ministre sortant mais un de leur. A mon avis, l’armée malagasy n’a pas encore basculé dans le camp TGV. Au contraire, la mutinerie confirme encore et toujours sa position impartiale, du moins jusqu’à aujourd’hui. Mais dans la politique, tout peut arriver d’une minute à l’autre.

Pourquoi les opposants ne participent pas à la conférence baptisée « assise nationale » pour régler cette crise ?

L’expérience malagasy de ce genre de rencontre remonte en 1991 lors du mouvement de contestation contre le gouvernement de Ratsiraka par les Hery Velona (Forces Vives).

  1. Une telle rencontre doit être impartiale et organisée en dehors de la structure gouvernementale, alors que c’est Ravalomanana lors de son allocution avant-hier qui a invité les gens à y participer, donc, ce n’est pas une conférence nationale mais c’est une simple « rencontre élargie » selon le propre terme du mon seigneur Odon.
  2. Les participants doivent avoir une certaine représentativité nationale alors que pour la conférence de demain, il est impossible de parler « une représentativité » nationale.
  3. Les deux tiers des dirigeants (chefs de partis) des formations politiques importantes du pays sont actuellement : soient en prison, soient en exile, ce qui donne pas un contenu national pour la conférence de demain.

Donc, honnêtement, la résolution de la crise n’est pas encore pour le « coming week-end » à la sortie de cette conférence, malheureusement !

Tsiadino Chaplain TOTO
Département d'Histoire, Université de Toamasina BP 591,

Toamasina 501, - MADAGASCAR -

Tel: (261 20) 53 927 97
Cell: 261 (0) 33 12 038 16


 


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